Sortir de l’état d’urgence pour nos libertés

, par Résistances

Après les attentats de Paris et Saint Denis que nous condamnons tous, La présidence et le gouvernement de la république veulent inscrire l’état d’urgence dans la Constitution. Sous couvert de combattre « le terrorisme », en entretenant un état de guerre permanent, l’état d’urgence fait peser un danger sérieux sur nos libertés démocratiques, individuelles, sociales et politiques et sur la démocratie.

C’est pourquoi aujourd’hui nous nous rassemblons pour dire stop à cet état d’urgence alors que le Sénat s’apprête à examiner le projet de réforme constitutionnelle concernant cette question et la déchéance de nationalité. Plus de 150 organisations (dont AL) appellent à des actions locales comme celle que nous organisons aujourd’hui, et à une journée nationale de mobilisation le samedi 12 mars 2016 (Pour info : Paris St Michel, départ de manifestation à 14h, puis à 15h rassemblement festif à Luxembourg) pour porter les revendications suivantes :

  1. Défendre nos libertés
  1. Dire Non à l’état d’exception permanent
  1. Exiger la levée de l’état d’urgence
  1. Refuser la déchéance de nationalité

 [1]

Nous appelons à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d’information, d’expression, de manifestation et de réunion. Nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels, celle qui renforce un état autoritaire et policier. Nous demandons le retrait des poursuites contre les militants des mouvements sociaux et la levée immédiate de l’état d’urgence.

Notre rejet de cette révision constitutionnelle est absolu et invitons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la démocratie à manifester jusqu’à ce qu’elle soit abandonnée.

A Lisieux, le 4 mars 2016.

Notes

[1Parce que la déchéance de la nationalité dans la constitution est une menace pour 3,7 millions de binationaux

Réclamée par l’extrême droite, cette mesure crée deux catégories de citoyens alors que selon la constitution, les citoyens sont libres et égaux en droit. Elle est d’autant plus grave qu’elle pourrait être étendue ultérieurement à d’autres délits que le terrorisme.

Parce que l’état d’urgence et la déchéance sont inefficaces

D’après les statistiques officielles, les autorités ont procédé à 3 242 perquisitions entre le 14 novembre 2015 et le 29 janvier 2016. 4 perquisitions ont abouti à l’ouverture d’une enquête pénale pour une infraction effectivement liée au terrorisme selon le droit français. Quant à la déchéance de nationalité, tout le monde s’accorde pour dire qu’elle n’arrêtera jamais un terroriste. De plus, quand les députés français ont voté, mercredi 10 février, le projet de loi de réforme constitutionnelle visant notamment à inscrire dans la loi fondamentale la mesure de déchéance de nationalité pour délits et crimes terroristes, leurs homologues suédois ont fait, le même jour, le choix opposé1.

Parce que le gouvernement crée un régime d’exception

Inscription de l’état d’urgence dans la constitution, prolongation de l’état d’urgence jusqu’à l’adoption d’une nouvelle loi anti-terroriste qui renforce les pouvoirs de la police : le gouvernement multiplie les régressions démoratiques. Un complexe militaro-sécuritaro-numérique se met en place, débouchant sur une société de contrainte et d’hyper surveillance. La loi de renseignement et le renforcement du contrôle sur Internet en sont l’illustration.

Parce que l’état renforce la répression et fragilise la cohésion

La guerre est la cause du terrorisme. Au lieu de militariser la société, de réprimer les mouvements sociaux comme les 8 de Goodyear, de laisser le ver raciste frayer son chemin, il faudrait rechercher la paix, abolir le contrôle au faciès et les camps de rétention, introduire dans la constitution le droit de vote des étranger-es et ouvrir de nouveaux droits sociaux, réduire les inégalités …

Parce que l’’état d’urgence a été, est et sera toujours dangereux pour la démocratie

La loi sur l’état d’urgence a été votée en 1955, en pleine guerre d’Algérie. C’est sous couvert de l’état d’urgence que, le 17 octobre 1961, le préfet Maurice Papon a fait assassiner des centaines d’Algériens à Paris. Et c’est encore sous l’état d’urgence que, le 8 février 1962, le même Papon fait interdire une manifestation pour la paix, ce qui conduira à l’assassinat par la police de 9 militants à Charonne. Cette loi a été appliquée ensuite contre la révolte des banlieues en 2005 par le Ministre de l’Intérieur Sarkozy. Depuis son instauration le 13 novembre au soir, elle a servi contre les réfugié-e-s et leurs soutiens, contre les féministes, les écologistes, les musulmanes et musulmans (ou supposés tels), et des syndicalistes. L’histoire nous montre que toutes les lois d’exception servent à durcir le pouvoir et à réprimer la population. Si l’état d’urgence était inscrit dans la constitution, un gouvernement autoritaire aurait les mains encore plus libres pour frapper durement les opposant-e-s.

Un article au hasard

Appel à la grève contre les projets de loi sur l’asile et l’immigration

Depuis plusieurs mois, l’adoption de textes relatifs au droit d’asile et à l’immigration s’accélère. Des circulaires se sont ainsi succédées fin 2017, poursuivant un objectif commun : mieux contrôler, trier, éloigner les étranger-e-s indésirables. Parmi celles-ci : la circulaire du 20 novembre 2017 demande expressément aux préfets d’effectuer les sorties par tous moyens des personnes déboutées en CADA, de généraliser les OQTF pour les débouté-é-s et d’assigner à résidence les demandeur-se-s d’asile en (...)

free[G]allery est une plate-forme de photographies militantes ou de découvertes, ouverte à toute personne adhérant à l'idée du libre partage et de la copyleft attitude. Découvrir

anti[K]network est un réseau social militant, ouvert, sans pub, respectueux de la vie privée et autogéré par toutes celles et tous ceux qui cherchent à construire collectivement un autre monde. Découvrir

free[B]logs est une plateforme libre qui vous offre la possibilité de créer en quelques clics, gratuitement et sans publicité votre blog. Découvrir

free[C]loud est un outil libre et gratuit qui vous permet de synchroniser vos docs, agendas, contacts, etc. sur vos téléphones, tablettes et ordinateurs. Découvrir

Soutenir par un don