Culture : le Synavi interpelle les candidats aux municipales de Caen

, par Résistances

Le Synavi Basse-Normandie, syndicat représentant les structures employeuses du spectacle vivant de petites et moyennes importance, interroge dans une lettre envoyée aux candidats aux élections municipales 2014 de Caen les politiques pour la défense d »une culture de proximité…

1. Par le présent document, le Synavi de Basse Normandie souhaite obtenir des candidats de l’élection municipale de Caen des réponses les plus précises possibles à des questions qui concernent tout le secteur des arts vivants de Basse Normandie. Si nous ciblons particulièrement la ville de Caen , c’est qu’elle est capitale régionale et qu’à ce titre beaucoup d’artistes opérant sur le territoire ont vi- à-vis d’elle, une attente particulière.

En effet Caen a un rôle décisif à jouer pour la promotion des artistes de toutes la Normandie aussi bien haute que basse. On peut observer que nombre de bas normand trouvent ailleurs qu’à Caen, le support du succès ! Certes le proverbe, « nul n’est prophète en son pays » peut trouver une illustration plus ou moins heureuse de la situation présente.

Cependant, il est difficile d’identifier à Caen en quoi des hauts normands peuvent y trouver un espace de promotion, alors que nombre d’équipes caennaises s’épanouissent à Rouen ou Le Havre. Citons en vrac l’impact d’Actea dans la programmation de la Chapelle Saint Louis à Rouen, la nomination de David Bobée à la direction du Centre Dramatique de haute Normandie,

la présence et le triomphe récent de Thomas Joly (ancien d’actea) au Théâtre National de Bretagne, présence et triomphe du travail de Thomas Ferrand sur tout le territoire alors qu’il reste trop rarement joué à Caen. Présence inaugurale de la compagnie « la cohue » au festival de l’éclaircie (Actea) qui a d’abord triomphé aux « bains douches » du Havre ! Certes grâce au festival « l’éclaircie », on verra et découvrira les hauts normands d’Akté à Caen …Sans que s’y reconnaisse une volonté sérieuse de la ville de Caen d’accueillir des hauts normands. Bref, le Synavi est conduit à le déplorer Caen paraît loin de jouer un rôle approprié et déterminant dans la promotion des artistes normands.

Revendication Synavi

Mise en place à Caen d’une antenne régionale d’accueil (donc d’achat) de tous les artistes normands quelle que soit leur discipline. (Art vivant et autres). Soutien et exploitation des lieux ayant capacité d’accueil. Le Synavi revendique la création d’un Centre Régional de Ressources des Indépendants. Le CRRI permettrait, doté d’un budget et d’un lieu conséquent, d’accueillir toutes manifestations d’artistes et compagnies régionales, y compris implantées dans la Capitale régionale. Que s’y organise la formation et une régie d’accueil du réseau des fabriques de quartier et autres. Qu’avec cet outil, tous les artistes de la région comme de Caen disposent d’une vitrine. Que les métiers d’art et structures innovantes y soient associés.

2. Le maillage du territoire d’institutions culturelles labélisées semble être parvenu à son plein épanouissement. Cependant l’art et la culture ont toujours procédé d’une liberté d’expression indépendante des institutions. Cette liberté, nul mieux que le secteur dit indépendant, en paraît porteur. Or il faut le constater dans les chiffres, ce même secteur sur qui repose très largement l’action culturelle et l’élargissement des publics, s’avère rester le parent pauvre du développement culturel. Il faut penser une politique concertée entre les institutions et le secteur indépendant, sous réserve d’un respect réciproque qui passe par une réévaluation des moyens alloués aux indépendants. Faute de quoi, la fable du pot de fer et du pot de terre restera la parfaite illustration de la situation actuelle.

Les lieux alternatifs et les compagnies indépendantes disposent à Caen de moyens qu’il faut bien qualifier de dérisoires au regard de ce qui s’attribue au secteur institutionnel.

Revendication Synavi

Progressivement aller vers une parité des moyens garantissant la diversité et abolissant une culture à deux vitesses.

3. La politique culturelle fait aujourd’hui objet d’un large consensus. Cependant hier comme aujourd’hui, les citoyens et les pratiques amateurs restent tenus en lisière du développement culturel. N’est-il pas urgent de veiller à un meilleur partage social des biens culturels ? De permettre une meilleure osmose des artistes professionnels et du monde amateur ? N’est-il pas urgent et novateur de mettre à l’ordre du jour une nouvelle politique d’éducation populaire ?

Revendication Synavi

Le synavi souhaite la mise en place de Conférence Permanente. Une conférence permanente c’est l’assemblée de tous les acteurs concernés par une question (professionnels et citoyens) à qui on donne les moyens de résoudre un ou des problèmes.

Elle peut se tenir sur tout secteur de l’économie mais c’est en tant que pratique de démocratie culturelle que l’on souhaite la promouvoir dans le secteur des arts.

4. Il n’est pas possible dans la période actuelle d’escamoter la question de l’intermittence.

Il s’agit de droits sociaux essentiels mais une nombreuse contrevérité circulent sur l’intermittence. On l’accuse faussement d’être à l’origine d’un déficit exorbitant de l’assurance chômage … Alors que c’est, hélas, l’augmentation exorbitante des licenciements qui conduit au déficit des comptes. Les intermittents ne sauraient donc tenir lieu de bouc émissaire. Ce n’est pas non plus au régime qu’il revient de financer par des dérives grossières les grosses boites de production télé. Une juste réforme peut donc s’avérer nécessaire et les organisations syndicales la propose. La culture est devenue une part non négligeable de la richesse nationale. Source d’emploi en nombre, elle concentre dans les centres urbains une population grandissante. Il est donc essentiel de voir le développement urbain étroitement associé au développement culturel. Avec ce dernier lien, c’est la ville qui se repense ainsi que la décentralisation. Enfin le 1% pour la culture qui paraissait un objectif plausible semble s’éloigner … Comment dynamiser une nouvelle phase du développement culturel alors que de plus en plus de jeunes se tournent et s’orientent dans cette direction ?

Revendication Synavi

Le Synavi approuve sans réserve les positions du comité de suivi des syndicats professionnels et politiques associés (de toutes tendances). Les propositions du comité de suivi pour amender le régime vont dans le sens de l’intérêt général. Le Synavi estime que la solidarité interprofessionnelle doit rester garante de ce régime et que ce n’est pas à l’état d’en assurer la pérennité. Ce qui revient à l’état c’est d’abonder en termes de moyens financiers pour une politique culturelle mieux soutenue. La décentralisation doit être un moyen d’harmoniser au mieux la politique de l’état et celles des collectivités locales et territoriales. Trouver un juste partage des responsabilités sans en occulter aucune. Les services déconcentrés de l’état (Drac) doivent se voir préservé un rôle majeur sans toute fois prétendre à une hégémonie qu’ils ne sont plus en capacité d’exercer. Il s’agit –in fine- de respecter l’égalité républicaine et de satisfaire aux besoins de diversité tels qu’ils s’expriment dans l’agenda 21 de la culture et dans la charte de l’UNESCO.

5. La culture doit rester ouverte et espace de curiosité … L’artistique et l’imaginaire sont des valeurs fondamentales pour innover et changer la vie. C’est pourquoi la politique elle-même ne peut y échapper. Comment réconcilier les citoyens et la politique ? Comment réserver la meilleure place à l’initiative citoyenne ? Comment inventer jour après jour, la démocratie ?
Revendication Synavi

La liberté est essentielle à l’acte créatif. Respect de la laïcité et respects des valeurs républicaines et démocratiques fixent le cadre dans lequel le synavi souhaite s’inscrire.

Le synavi en toute occasion soutient la participation des citoyens à la vie démocratique. L’art est une pratique d’exception mais la règle commune, ce vers quoi nous voudrions tendre, pourrait bien être d’avoir à reconnaître en chaque individu : un être d’exception.

Le synavi rassemble une vingtaine de structures employeuses. Malheureusement, le secteur souffre d’atomisation et par ailleurs les artistes se plaisent à inventer leurs formes propres de mobilisation. Épris de liberté et d’indépendance, l’artiste exprime le plus souvent une parole qui lui est propre. Cela n’empêche que le Synavi s’engage à faire connaître les réponses attendues auprès de son réseau qui excède de loin le cercle étroit des ses adhérents. Réhabiliter la parole politique comme parole d’honneur ! Nous voudrions modestement contribuer à fonder cette occurrence. Que la parole politique soit quête de vérité : nous y croyons…

SYNAVI de Basse Normandie, le 5 mars 2014.

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