Asile-Immigration : prenons le chemin de la résistance et de la désobéissance

, par Résistances

Conclue en 1990, la convention de Schengen visait à instaurer un espace de libre circulation entre les pays européens signataires. L’espace Schengen, qui rassemble aujourd’hui presque tous les états membres de l’Union européenne (UE), ainsi que quelques non-membres, a rejoint le cadre juridique et institutionnel de l’UE en 1997. Pour compenser la suppression des contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen, de nombreuses mesures compensatoires ont été mises en place afin de sécuriser les frontières extérieures de l’UE et empêcher leur franchissement par les ressortissants de pays non membres. Tandis que que la rhétorique anti-immigration ne cesse de déplorer la perméabilité du territoire européen, force est de constater qu’aux frontières de l’UE et au-delà, les mécanismes de fermeture et de mise à l’écart se multiplient.

La délivrance de visas constitue aujourd’hui un élément essentiel de la politique migratoire des états membres de l’UE, permettant de sélectionner les étrangers que l’on veut attirer (touristes, travailleurs très qualifiés, hommes d’affaires) et d’écarter ceux que l’on désigne comme une menace migratoire. Tout au long des parcours d’exil, les mesures de contrôle et de blocage se déploient. Les migrants sont susceptibles d’être interceptés et refoulés par les agents de contrôle de l’UE et des états membres. En mer Egée, les gardes-côtes grecs, assistés de Frontex (l’agence européenne de contrôle aux frontières de l’UE), procèdent régulièrement à des opérations de « push-back », renvoyant des bateaux, souvent avec violence, vers la Turquie. A la frontière des enclaves de Ceuta et Melilla, des migrants désireux d’entrer en Espagne sont interceptés par les agents de la guarda civil espagnole et refoulés vers le Maroc. Des outils technologiques sont développés pour recueillir, stocker et échanger des données personnelles des migrants à des fins de gestion et de contrôle (système d’information des visas, système d’information Schengen, Eurosur, Eurodac, etc.).

Au delà de ces dispositifs juridiques et opérationnels, de véritables barrières physiques (murs, clôtures, barbelés, miradors) sont érigées aux frontières de l’espace Schengen, accompagnées d’une cohorte de dispositifs de sécurité toujours plus sophistiqués (drones, satellites, détecteurs de battements de cœur, caméra infrarouge, etc.) visant à empêcher le passage des migrants. Si les politiques répressives et sécuritaires échouent à dissuader les personnes qui souhaitent franchir les frontières, elles contraignent cependant les exilés à modifier leurs itinéraires, à prendre des voies de passage plus longues, plus coûteuses et plus risquées, parfois au péril de leur vie. Entre 2000 et 2014, un consortium de journalistes européens, The migrants files, a répertorié 28 000 morts et disparus aux frontières de l’Europe. Selon les initiateurs du projet, les chiffres obtenus seraient sous-évalués d’au moins 50%, car de nombreux migrants meurent sans que leur disparition ne soit relevée par quiconque, et ne peuvent être comptabilisés dans les tentatives de recensement.

Aujourd’hui, le gouvernement français joue de nouveau la carte de la fermeté, du durcissement et de l’ordre avec son projet de loi Asile-Immigration. Cette loi a, dès maintenant, une fonction dissuasive : compliquer encore plus les demandes d’asile afin qu’un maximum de gens renoncent à venir les déposer en France. Face à cela, nous devons continuer à arpenter collectivement le chemin de la résistance quotidienne, celui aussi de la désobéissance face à une loi qui risque de produire des milliers de clandestin-e-s, clandestin-e-s qu’il nous faudra aider, celui enfin de la solidarité avec celles et ceux qui seront ciblé-e-s par la répression justement parce qu’ils et elles sont venu-e-s en aide à des personnes dont le seul crime est d’être né-e-s ailleurs et de ne pas avoir les bons bouts de papier avec les bons tampons étatiques. Nous devons également rappeler haut et fort, à qui de droit, que la liberté de circulation et d’installation est un droit universel.

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