Menton « perle de France » : « Nous détruirons toutes les frontières » !

, par Résistances

Nous sommes le samedi 16 décembre et le paysage pourrait être idyllique sur ce bord de mer éclairé par le soleil d’hiver. Mohamed, soudanais, est monté sur le camion. Il parle en arabe mais ça pourrait être du bambara, du pashto ou une autre langue mettant en furie les racistes : « Je m’adresse aux policiers, massés derrière ces grilles. Amenez vos avions, amenez vos tanks, amenez n’importe quoi, on viendra quand même ! ».

D’un côté il y a ce panneau qui dit « Menton, perle de France, est heureuse de vous accueillir ». De l’autre la frontière est totalement fermée par un mur de grilles et de camions de flics armés. Et contre ces grilles des manifestantEs dénonçant l’hypocrisie.

Car, après une hésitation en tête de cortège, c’est la banderole de la Coordination parisienne des Sans-Papiers qui est allée au contact, entraînant toute la manifestation aux cris de « Mur par mur et pierre par pierre nous détruirons toutes les frontières ».

Une minute de silence pour touTEs les victimes de ces frontières. Puis lecture est faite, rappelant, un par un, une par une, nos frères et sœurs mortEs en voulant passer cette frontière depuis plus d’un an.

Puis des migrants venus de Paris et de Montpellier prennent la parole pour témoigner mais aussi pour dire leur détermination, expliquer qu’ils n’ont pas traversé tout cela pour demander la charité mais le respect de leurs droits.

Les représentantEs du collectif de Alpes Maritimes et de la Roya Citoyenne ont expliqué, dès le rassemblement devant la gare de Menton que cette manifestation, ici, est historique, du jamais vu. Des cars sont arrivés de Montpellier, de Lyon, d’Annecy, Chambéry et Grenoble, de Drôme-Ardèche et de Paris. Des pancartes signalent la présence d’un groupe venu de Strasbourg et de personnes solidaires venues de Rouen ou du Havre. La manifestation est ouverte par le collectif des Alpes Maritimes avec beaucoup de badges de la Roya Citoyenne suivi par celui de la Coordination des Sans-Papiers et les cortèges des collectifs régionaux. Il y a des drapeaux, des autocollants de différentes associations et organisations, Fasti, Solidaires, CGT, Attac, CGA, PCF, Ensemble, FI… Il y a un cortège de l’UJFP et un cortège du NPA.

La gare de Menton Garavan, la première après la frontière, est en fait devenue un centre de rétention illégal où la police renvoie directement en Italie les migrantEs interpelléEs, quelle que soit leur condition et quel que soit leur âge. Un représentant des syndicalistes cheminots est ovationné quand il lit une lettre adressée au patron de la SNCF signifiant leur refus de devenir les supplétifs de la politique migratoire des autorités, expliquant que les trains sont des moyens de transport et, qu’ici, ils sont transfromés en engins de morts et de tri.

En tout plus de 1000 manifestantEs défilent de la gare jusqu’à la frontière. Alors que des affiches avaient été collées la veille proclamant que « Menton ne sera pas Calais » et dénonçant la venue de « casseurs d’extrême-gauche soutenant les clandestins », il n’y a eu que 3 militants d’extrême-droite pour chercher à provoquer la manifestation dont l’un faisant un salut nazi, virés par les manifestantEs et obligés de se carapater rapidement.

Oui, les casseurs et les clandestins étaient là. Casseurs de frontières, briseurs des chaînes de l’esclavage et de l’exploitation. ClandestinEs d’un ordre qui discrimine et qui tue, qui enferme et sépare. TouTEs migrantEs !

Et cette convergence, à Menton, de collectifs de plusieurs régions, est une pierre, arrachée au mur de la frontière, pour paver les chemins de la liberté.

Voir en ligne : Voir aussi Ouistreham : un récit de la manif du 16 décembre en solidarité avec les migrants

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