Le droit à la déconnexion en question

, par Résistances

Depuis le 1er février 2017, le droit à la déconnexion est désormais obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salarié-es (quid des autres ?).
A première vue, ce serait l’aboutissement d’une revendication qui fait consensus parmi les syndicats. Pour autant, même s’il s’agit d’une des rares mesures de la Loi Travail qui n’est pas synonyme de régression sociale, on peut s’interroger sur la portée limitée de cette disposition et sur les enjeux qu’elle soulève.
La déconnexion est une question récente qui illustre bien les problématiques de la « transition numérique » et qui met en exergue surtout la dégradation du débat sur les conditions de travail. De quoi parle-t-on, si ce n’est d’établir un droit à ne pas travailler chez soi ou en dehors du périmètre de l’espace de travail ? Réaffirmer ce qui semble être la base même du droit du travail par une disposition présentée, par le gouvernement et ses alliés patronaux et syndicaux comme « ambitieuse et novatrice », est révélateur du retour en arrière que nous sommes en train de vivre. En cela, il faut bien appréhender le droit à la déconnexion, non pas comme une victoire, mais comme une mesure de statu quo dans le vaste mouvement de recul du droit du travail à l’heure de la numérisation.

L’impact de la connexion

L’idéal du salarié connecté et, par extension, celui de la « société 2.0 » ont des impacts très concrets. La connexion doit d’abord être considérée comme un phénomène de pression sociale. On parle désormais de techno-dépendance(comme astreinte numérique acceptée ou imposée). Selon un récent sondage d’Opinionway pour Zenregularity [1], 85% des personnes interrogés se disent dépendantes d’une technologie qui accentue le rythme et la pression de la vie quotidienne, 68% des sondés pense qu’ils subissent une pression sociale pour acquérir les derniers modèles d’appareils connectés. L’intoxication digitale correspond non seulement à une augmentation du temps de travail mais aussi à une accélération du temps tout court. C’est ce que montre le philosophe Hartmut Rosa :

« L’économie capitaliste a besoin de créer plus de valeur, chaque année, et donc d’augmenter la productivité, de produire plus en moins de temps. (…)
Cette logique se transfère au niveau individuel à travers la compétition, qui n’est pas réservée au domaine économique et au monde du travail. Le moteur n’en est pas tant la cupidité que la peur. Peur de perdre son emploi, de ne pas avoir une couverture sociale et une retraite suffisante… » Une accélération du temps pour le moins paradoxale « Comparé à ce qu’il en était il y a quarante ou deux cents ans, on devrait être dans l’abondance de temps ; or, c’est l’inverse. J’ai voulu comprendre ce paradoxe, et quel était le lien entre ces deux réalités : gagner du temps d’un côté et ne pas en avoir de l’autre ».

La connexion hors temps de travail s’apparente à du travail contraint et dissimulé, un phénomène motivé selon le sociologue Jean-Pierre Durand, par des relations au travail qui oscillent entre peur de la hiérarchie et servitude volontaire aux TIC (Technologie de l’information et de la communication). La peur du licenciement et du chômage, le système de paiement au mérite avec des primes ou des augmentations salariales concourent à un système de mise en concurrence permanente des salarié-es qui encourage ces pratiques...

CGT

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