Contre le projet El Khomri : l’action est possible dès le 9 mars, même à Lisieux

, par Résistances

La ministre de l’exploitation du Travail va prochainement défendre les idées du MEDEF devant le Parlement, quelques semaines seulement après que ce même Parlement, à l’initiative du parti soi-disant socialiste, a entamé le processus d’inscription de l’état d’urgence et de déchéance de nationalité dans la Constitution sous les encouragements bienveillants du FN et de la droite. Ce parti poursuit ainsi la casse méthodique du code du travail, entamée en 2013 avec la loi ANI, puis en 2015 avec la loi Macron : ces lois favorisaient déjà « la flexibilisation du travail », répétée comme un mantra par les gouvernants précédents et réclamée à cors et à cris par Gattaz (fils de son père déjà « patron des patrons » dans les années 1980) sur tous les médias de France. Les dispositions du nouveau projet sont directement inspirées des projets du MEDEF.

Des appels à l’action en nombre, émanant de structures syndicales locales ou professionnelles, ou de jeunesse, mais aussi des appels à rassemblement « citoyen » surgis spontanément. Pourquoi pas à Lisieux ?

Quand le gouvernement dit que cette réforme va créer de l’emploi, il ment. Dans un pays qui comptait, en janvier, près de 5,8 millions de chômeurs et précaires [1], pousser à l’allongement de la durée du travail est criminel. Plutôt que d’embaucher, le patronat fera trimer davantage celles et ceux qui ont un boulot, en payant les heures supplémentaires beaucoup moins cher grâce à la loi El Khomri.

Quand le gouvernement dit que cette réforme est vitale pour le patronat, il ment. Les capitalistes français se portent très bien : en 2015, les entreprises françaises ont distribué 47 milliards d’euros à leurs actionnaires [2] (contre 33 milliards en 2011, 36 milliards en 20Quand le gouvernement dit que cette réforme est vitale pour le patronat, il ment.12, 38 milliards en 2013 et 56 milliards en 2014, année record). Ils ont par ailleurs pu encaisser 23,5 milliards de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) depuis la création par Hollande de ce détournement légal d’argent public [3] Sans évidemment créer d’emploi.

Quand le gouvernement dit que cette réforme va relancer « la croissance », il ment. La croissance infinie est impossible — et c’est tant mieux d’un point de vue écologique. Dans des pays suréquipés comme la France, elle n’a plus de sens. Les gouvernements cherchent à la créer artificiellement à coups de grands projets inutiles comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Pourtant, il faut continuer à entretenir le mythe de « la croissance », car si la population s’en lassait, elle pourrait réclamer, tout simplement… la redistribution des richesses réellement existantes.

Quand le gouvernement dit qu’il va « assouplir » le droit du travail, il ment. Le Code du travail, c’est l’ensemble des lois et règlements qui encadrent l’exploitation salariale. Les limites qu’il fixe sont le résultat des luttes ouvrières, et reflètent le rapport de forces entre le patronat et le salariat. Nulle question de « souplesse » ici. Le modifier, c’est nécessairement faire pencher la balance, au bénéfice de l’un et aux dépens de l’autre.

Or, à cause de cette loi taillée sur mesure,

  1. la journée de travail pourra ponctuellement grimper à douze heures (au lieu de dix), et la semaine de travail à soixante heures (au lieu de quarante-huit) ;
  2. les salariés pourront, si un accord d’entreprise le prévoit, travailler jusqu’à quarante-six heures par semaine pendant seize semaines ;
  3. le temps minimal de repos quotidien pourra être réduit ;
  4. les patrons pourront signer, avec les syndicats jaunes qui s’y prêteront, des accords d’entreprises réduisant les salaires ou augmentant le temps de travail – ce qui, pour l’instant, n’était autorisé qu’aux entreprises « en difficulté » ;
  5. les indemnités perçues pour un licenciement abusif seront plafonnées,
  6. les entreprises pourront licencier même si elles font des bénéfices (elles devront juste prouver une baisse du chiffre d’affaires sur deux trimestres consécutifs) ;
  7. les heures supplémentaires pourront être bien moins payées (10%, au lieu de 25% minimum actuellement) ;
  8. les accords d’entreprise signés par des syndicats ne pesant qu’entre 30% et 49 % des voix pourront tout de même être soumis à un référendum des salarié.e.s ; cela offrirait une seconde chance aux patrons pour faire passer certaines mesures régressives, comme le travail du dimanche.

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