Revenu d’existence : vers une société post capitaliste ?

, par Résistances

Le revenu d’existence peut devenir un instrument efficace pour le développement de l’économie solidaire : il prépare la venue d’une société post salariale où l’employé n’a plus à se soumettre à son employeur. À l’inverse, l’économie solidaire, en militant pour des activités économiques démocratiques, invite à dépasser le salariat et justifie ainsi le revenu d’existence.

L’économie solidaire n’est pas « l’économie des pauvres ». Il s’agit d’un ensemble d’activités économiques gérées démocratiquement visant le lien plutôt que le bien, un militantisme politique réclamant un développement durable, un projet global de société voulant approfondir la démocratie en faisant de l’économie l’affaire de tous. Plus concrètement, c’est l’ensemble des engagements citoyens se présentant comme des alternatives au système économique dominant : SEL(systèmes d’échanges locaux), commerce équitable, monnaies sociales, etc. Il s’avère que ce mouvement et le concept de revenu d’existence se renforcent l’un l’autre. Quatre arguments vont dans ce sens.

Le salariat protège de moins en moins mais limite toujours la liberté du citoyen : en effet, la précarité augmente, la protection sociale est remise en question, mais l’obligation du salarié d’obéir à son employeur demeure. Dès lors, le revenu d’existence permet non seulement au citoyen d’accéder à un revenu décent, mais couplé à une activité dans l’économie solidaire, il lui permet, en plus, de retrouver la pleine jouissance de ces droits démocratiques.

En séparant revenu et emploi, le revenu d’existence remet en cause la nécessité du salariat. Or, ce dernier est un pilier central du capitalisme. S’attaquer à ce pilier, c’est affaiblir le capitalisme et ainsi contribuer à l’émergence d’une société post capitaliste où l’économie solidaire pourrait jouer un rôle clef. Le revenu d’existence permet aux individus de choisir librement entre travail lucratif et activité solidaire. Certains choisiraient de « travailler plus pour gagner plus ». D’autres, au contraire, s’engageraient dans des activités d’économie solidaire. Ainsi, celle-ci deviendrait accessible à tous et non plus uniquement aux classes moyennes, allant ainsi à l’encontre du reproche qui lui est souvent fait actuellement.

Enfin, le revenu d’existence est en phase avec l’émergence d’une société de connaissances dont les valeurs (coopération et créativité) sont aussi celles de l’économie solidaire. Le revenu d’existence nous invite à penser de nouvelles façons de lier revenu et activité. Or, dans la société de la connaissance émergente, l’important est moins de passer du temps à produire des biens matériels qu’à imaginer des savoirs nouveaux. En découplant le revenu du temps passé à l’exécution des tâches prédéfinies, le revenu d’existence offre à l’individu le temps de la réflexion et de la créativité. Cette créativité libérée peut ouvrir la voie à une transformation radicale du système économique et préparer l’avènement d’une économie solidaire. Dans une société de la connaissance, la production de valeur est principalement collective, d’où la nécessité d’un mode collectif de rémunération. Une économie démocratique (comme entend l’être l’économie solidaire) implique des modalités de rémunération déterminées de manière démocratique, c’est-à-dire par la délibération dans l’espace public et non par la main invisible du marché.

En remettant en question le lien emploi-revenu au cœur du salariat, le revenu d’existence libère du temps pour des activités non marchandes. Il offre ainsi la possibilité aux individus qui le désirent de s’investir dans l’économie solidaire. Cette dernière s’attaque au salariat en réclamant une réelle démocratie dans l’entreprise. Elle renforce ainsi l’idée du revenu d’existence. Un cercle vertueux !

Le revenu d’existence est une allocation universelle inconditionnelle qui doit permettre à tout être humain d’avoir les moyens monétaires de vivre dans la dignité. Ce n’est ni une allocation conditionnelle, ni un revenu de base devant être complété pour vivre normalement.

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